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  • Sylvain Lupari

CARBON ENTITY: Within The Cosmic Void (2019) (FR)

“Fan de Steve Roach, il ne faut pas manquer ce très bel album de musique ambiante qui mélange ses fils harmonieux à des rythmes ambiants lents et en constante évolution”

1 Travelling in Deep Crysosleep 15:24 2 Ancient Temples of Proxima Centauri B 10:02 3 Frontier 3:59 4 Sentient Exploration 13:46 5 The Cygnus Signal 5:30 6 The Center of Nowhere 5:59

Zen Gate Music | ZEN2019 (CD/DDL 54:43)

(Ambient Music, Pacific School)

Une onde naissant de l'Ouest embrasse mes oreilles avec de lents volutes anesthésiants. Sa lente sinuosité ambiante donne des subtils élans au mouvement de Travelling in Deep Crysosleep où se greffent de minces filets de voix. Des boucles vont et viennent dans l'ombre de ce sinueux mouvement ondulant, augmentant leurs précisions tonales alors que des effets de voix cosmiques percent à peine ce mince voile ambiosphérique. Des ombres soufflent des murmures reflétant une aura de réverbérations qui amplifient la texture très cosmique de ce premier titre à sortir de WITHIN THE COSMIC VOID. De faibles éléments percussifs flottent avec le déplacement de cette masse d'ondes et d'ombres, rappelant ainsi les structures de Steve Roach. Des poussées d'intensités forcent l'amplification des drones sonores et augmentent par le fait même la procession délicatement sautillante d'un rythme qui traîne avec lui une approche mélodieuse que l'on remarque sur le tard. Plus sibylline que purement éthérée, la structure quitte son nid d'ombrages et de mystères afin d'afficher des reflets plus lumineux qui forment une agréable fusion sonore dans une structure qui plait assez bien à l'oreille. Travelling in Deep Crysosleep est assez bon pour que l'on porte un plus grand intérêt à ce premier album de Carbon Entity. Projet de l'artiste américain Gunter Platz, WITHIN THE COSMIC VOID est un premier album de musique ambiante qui dit s'inspirer principalement des œuvres de Biosphere et de John Serrie, ainsi que des maitres du mouvements Allemand des années 70, notamment les premiers albums de Klaus Schulze et Tangerine Dream. Je n'ai pas entendu ces liens d'influence, peut-être un peu de John Serrie, mais je trouve que Michael Stearns et Steve Roach projettent pas mal plus de fragrances soniques. À tout le moins dans cet album qui est une assez belle surprise avec une musique d'ambiances douces, mélodieuses et délicieusement structurée autour de belles orchestrations lunaires et des rythmes ambiants qui fondent dans les oreilles.

De multiples bulles de réverbérations roulent en cascade dans l'ouverture de Ancient Temples of Proxima Centauri B. Des murmures de batraciens insufflent une vision organique à cette texture qui laissent passer des riffs de clavier (peut-être de guitare à la Steve Hackett) et par la suite des arpèges tintant comme dans une petite symphonie de cloches. Le mouvement façonne un rythme ambiant qui gravi les cieux avec une démarche séraphique tout en étant survolé par des wooshh menaçants. L'écho des battements est aussi une source de rythme cérébral alors que d'autres riffs de claviers bravent la force des vents interstellaires qui n'empêchent en aucun moment Ancient Temples of Proxima Centauri B d'atteindre un autre pointe harmonieuse vers sa finale. Les miroitement d'arpèges structurent aussi un petit concerto de petites cloches dans Frontier. Cette fois-ci les vents sombres et menaçants sont plus omniprésents que sur le titre précédent. Sentient Exploration est un autre titre évolutif qui s'amorce avec des brises sourdes qui se transforment en une masse de drones flottant avec des pointes d'intensité dans les lentes oscillations ascendantes. Des contrastes au niveau des couleurs ajoutent un peu plus de profondeur sibylline à ce mouvement qui exerce déjà son besoin de mutation. Des nappes de violons lunaires tissent d'oblongues orchestrations qui dansent mollement avec ces drones, mystifiant ainsi l'écoute avec des projections sonores ficelées par des effets d'échos. Des wooshh et des waashh ornent un panorama sonique figé dans sa réflexion alors que percent des clapotis d’eau et des éléments sonores volés dans des champs voisins. Les éléments percussifs de Ancient Temples of Proxima Centauri B reviennent cajoler l'écoute d'un titre qui s'inspire des deux premiers monuments de WITHIN THE COSMIC VOID afin de joindre l'intro à sa finale. Un petit défaut ici qui paraîtrait peut-être moins si les 5 titres de cet album se complémentaient en une seule et unique mosaïque musicale. Le potentiel est là, il ne manque que l'expérience… The Cygnus Signal est un signal qui revient en boucle dans une enveloppe mélodieuse. Des vents l'accueillent, ainsi que des enregistrements de champ et des effets sonores qui se tordent en arabesques musicales. Des vagues cosmiques rugissent et ajoutent une profondeur astrale à ce mouvement qui puise dans sa gamme d'échantillons et d'effets afin de connecter son début à sa fin. Dénudé de ces effets, The Center of Nowhere est une symphonie de vents où toutes les formes et toutes les couleurs s'entremêlent dans un court voyage plus musical que totalement d'ambiances abstraites, quoiqu'elles soient toujours très méditatives.

Eh bien, j'ai bien aimé mon premier contact avec la musique de Carbon Entity. Bien que confectionné maison et performé avec des logiciels de synthé qui restituent un univers analogue, WITHIN THE COSMIC VOID est un bel album de musique méditative qui fait le travail pour nous accompagner vers des dodos étoilés de musique ambiante. Je vois un beau potentiel au niveau des structures de composition et des agencements de couleurs chez Gunter Platz qui offre un premier album plein de promesses pour les suivants. Carbon Entity! Un nom à retenir pour les amateurs de musique ambiante et on commence par la découverte de WITHIN THE COSMIC VOID.

Sylvain Lupari 10/04/19 ***½**

SynthSequences.com

Disponible au Zen Gate Bandcamp

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© 2019 by Alexandre Corbin for Synth&Sequences \ Sylvain (A.K.A. Phaedream) Lupari

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